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Juin 16

Créateurs d’entreprise : gare aux publicités déguisées, et cultivez l’honnêteté dans votre Relation Client

[warning]Ceci est une republication de mon article du 3 mai dernier. Elle  fait suite à la réception d’un courrier de l’avocate de la société RSI, Registre des Sociétés et des Indépendants (que je publierai d’ailleurs sans doute, un jour). Ce courrier considère que mes propos sont des « actes de dénigrement », et que j’ai « outrepassé [mes] droits à la libre critique ». Comme l’échéance arrive demain, je me vois donc obligé de « déférer à [la] mise en demeure », et vais modifier mon article en suivant les « instructions » de l’avocate.[/warning]

 

Notez toutefois que le 18 mai dernier, le Jury de Déontologie Publicitaire a considéré fondées

3 plaintes déposées contre la même société RSI. Dans ses motifs, le Jury précise :

Le document publicitaire diffusé par la société RSI, se présentant dans sa forme, dans l’intitulé de son auteur et dans son contenu, de façon identique à une facture, ne permet nullement d’identifier son caractère publicitaire. Comportant en outre une incitation au paiement d’une somme dont le montant est chiffré, elle est de nature à induire une confusion dans l’esprit de ses destinataires et à inciter à des paiements indus.

Et dans sa décision, le Jury « considère […] que la publicité de la société RSI ne respecte pas les principes déontologiques relatifs à l’identification et à la loyauté de la publicité ».

L’avocate, dans son courrier, ne m’interdit pas l’utilisation de certains termes, mais me suggère fortement de les retirer de mon article (elle a surligné en jaune les parties concernées dans mon article). Or sans être lexicologue, je vois peu de différence – et je ne vais citer qu’un exemple, afin de ne pas être provocateur – entre « inciter à des paiements indus », comme l’écrit le Jury de Déontologie Publicitaire, et « duper », que j’employais précédemment dans mon article.

 
[warning]Bref, je m’exécute.

  • J’ai modifié mon titre, en plagiant du coup celui de l’article du Figaro daté du 11 janvier.
  • J’ai modifié mon billet, en surlignant en jaune les zones concernées (c’est moche, mais bon…) ; j’ai même fait plus de modifications que celles « demandées » par l’avocate de RSI.
  • Je n’ai pas changé la catégorie de mon article, car le « non respect des principes déontologiques relatifs à l’identification et à la loyauté de la publicité » constitue bien une « pratique douteuse ».

Et on a quand même le droit de donner son avis, non ?[/warning]

 

À la réflexion, j’aurais pu ajouter l’honnêteté, aux valeurs communes à la Relation Client et à l’Amitié que j’évoquais dans mon précédent billet. En effet, l’absence d’honnêteté dans une relation commerciale amène des pièges et des tromperies qui, même drapées dans la légalité, frisent parfois l’arnaque.

Arnaques et pièges aux créateursinforegistre et RSI : prudence, leurs « cotisations » ne sont pas obligatoires ! 

Mon épouse a créé récemment son Étude généalogique (Yvon Généalogie, un peu de pub en passant… ;-)). Elle a rapidement reçu deux offres d’inscription à des annuaires d’entreprises, accessibles pour les coquettes sommes de 215 et 249€ ! Il s’agit d’ [là, j’avoue que j’ai du mal à modifier mon article, puisque je ne faisais que recopier le terme lu sur de nombreux forums, commentaires, etc.] déjà identifiées dans les forums Internet, provenant de deux sociétés « jumelles » (Conditions Générales quasi identiques), œuvrant en toute légalité. Je me garderai d’émettre un avis juridique, mais d’un point de vue relationnel et commercial, identifions les éléments « de nature à induire une confusion dans l’esprit [des] destinataires » de ces courriers :

  • des noms de sociétés qui peuvent amener une confusion :
    • inforegistre, avec un sous-titre, « l’information sur les entreprises du registre du commerce et des sociétés », qui peut faire penser qu’il s’agit d’un organisme officiel collectant les informations pour le compte du RCS ou des CCI ;
    • [là, j’ai supprimé une mention] la société RSI, pour « Répertoire des Sociétés et des Indépendants », qui a repris donc le sigle du RSI, « Régime Social des Indépendants ».
  • pas d’informations commerciales, mais des documents à l’aspect de formulaires administratifs officiels, aux titres là encore de nature à induire en erreur sur le caractère obligatoire des « cotisations » demandées :
    • « Formulaire d’enregistrement » pour inforegistre ;
    • et « Bulletin d’adhésion » pour RSI !
  • et bien d’autres petites mentions qui peuvent éventuellement être manipulatoires :
    • inforegistre dispose, comme toute bonne administration, d’un « Centre de Traitement » ;
    • les mentions à recopier lors de la signature des documents sont « Bon pour enregistrement », et « bon pour adhésion »…

Bien sûr, ces démarches commerciales sont bordées juridiquement. La mention « Offre facultative » figure deux fois, en petits caractères certes, sur les formulaires, qui précisent aussi explicitement le fait qu’on a affaire ici à des « Sociétés de droit privé ». Et il faut le reconnaître, les CGV sont même très explicites sur ces points. On y découvre toutefois que le contrat est, cerise sur le gâteau… renouvelé par tacite reconduction !

Mais légalité ne fait pas respect et honnêteté (« loyauté » a écrit le Jury de Déontologie Publicitaire), et in fine, je ne pense pas que ces sociétés créeront, avec leurs pratiques douteuses, une relation client durable… mais ce n’est sans doute pas leur but. Si je me trompe, je les invite à me contacter, et pourrai les accompagner dans la mise en place d’une Relation Client d’excellence ! 😉

[notice]Vous le savez maintenant, la société Registre des Sociétés et des Indépendants (RSI) a fini par me contacter… mais pas pour faire évoluer sa Relation Client.
Lisez mon analyse complémentaire, que j’ai voulu objective, dans un billet dédié à cette société.[/notice]

Réunica et Vauban Humanis : signez ici, c’est obligatoire !

Quand on est créateur d’entreprise, on devient l’objet de moult attentions commerciales. Mon épouse a donc aussi reçu des sollicitations commerciales de Réunica, et Vauban Humanis, les deux organismes collecteurs des cotisations retraite obligatoires AGIRC-ARRCO désignés pour notre département (Eure). Je ne parlerai plus ici d’arnaques, mais de pratiques commerciales douteuses, et anxiogènes pour le créateur d’entreprise, qui peut même avoir l’impression qu’il/elle doit signer et renvoyer les deux formulaires. Jugez plutôt :

  • les deux courriers sont, à ma connaissance, mensongers quant au caractère obligatoire du choix d’une institution de collecte des cotisations obligatoires pour la retraite complémentaire pour les cadres, au moins concernant les auto-entrepreneurs (statut choisi par mon épouse) : c’est bien un choix laissé au créateur d’entreprise, et en l’absence de choix dans les trois mois suivant la création, un organisme est automatiquement désigné.
  • les deux courriers mettent la pression sur le créateur, en employant force termes contraignants et, je l’ai déjà dit, anxiogènes : « démarche importante et nécessaire », « démarche / formalité obligatoire », « régulariser votre situation »…

Je ne m’étalerai pas plus sur ces deux respectables institutions, qui ont pignon sur rue, mais cherchent sans doute à gonfler leurs chiffres (et conserver leurs précieux mandats publics). Je regrette toutefois qu’à la manipulation elles n’aient pas préféré la pédagogie et le conseil (quand on crée, on en a besoin), et l’argumentation commerciale, honnête.
De fait, rien ne distingue ces organismes collecteurs, puisque les taux de cotisation sont fixés par l’état. Puisqu’elles sont en concurrence et ne peuvent se différencier sur les prix, ces sociétés auraient donc pu faire valoir leurs atouts – en termes de conseil et de relation client par exemple – pour emporter le choix du créateur d’entreprise. Réunica promettait bien dans son courrier un contact (commercial certes) « dans les tous prochains jours », mais un mois plus tard… toujours rien.

En conclusion : créateurs, méfiez-vous des publicités déguisées, lisez les petites lignes, et cultivez l’honnêteté dans votre relation client !
 

(3 commentaires)

1 ping

  1. BRUNO

    Tu te trompes… les taux de cotisations AGIRC et ARRCO ne sont en rien fixés par l’état mais par les partenaires sociaux qui gèrent les régimes de retraite de façon paritaire (représentants des employeurs des salariés et des retraités).

    Ce sont ces mêmes partenaires sociaux qui dans leur réglementation imposent aux caisses de retraite complémentaire désignés dans chaque département, de contacter tout créateur d’entreprise pour lui rappeler ses obligations (adhérer à une caisse est obligatoire même si aucune cotisation n’est dûe).

  2. Renan

    Merci Bruno d’avoir corrigé mon approximation sur la fixation des cotisations.

    Je ne suis par contre pas complètement d’accord sur l’obligation : le rattachement à une caisse de retraite est obligatoire, mais le choix, non. Si le créateur d’entreprise ne choisit pas, dans ce cas une caisse est désignée d’office.
    Je maintiens donc que les caisses se font concurrence pour attirer les créateurs d’entreprise dans leur giron, à coup de courriers anxiogènes à la limite de l’honnêteté. Et au milieu, l’entrepreneur, cible par ailleurs de véritables arnaques…

  3. Bruno

    Bonjour,

    Ton analyse est bonne, tout créateur d’entreprise peux choisir sa caisse de retraite, dans un délai de 3 mois au delà duquel une caisse est désignée (caisse balai)

    Dans le département de l’Eure les deux seules caisses possibles durant le délai de 3 mois sont REUNICA et HUMANIS. AU delà des trois mois seul le groupe HUMANIS est habilité à recueillir l’adhésion.

    Pour ceux que cela intéresse voici la liste des groupes désignés dans chaque département : http://reglementation.agirc-arrco.eu/guides_html/guide_1/annexe_1_6_343.html#C_343

    Il y a quelques années il était possible, durant le délai de 3 mois de choisir entre TOUS les groupes existant… Et là, je peux te dire que les créateur recevaient une foultitude de courriers dont le nombre pouvait certes être anxiogène… (et qui représentait un coût certain pour les régimes de retraite).

    Aujourd’hui, dans un but de simplification mais aussi avec le souci de laisser le libre choix au créateurs, il a été décidé de limiter à deux le nombre de groupes en concurrence dans chaque département.
    Ceci dit, si l’on s’en tient uniquement à la retraite complémentaire, c’est juste la qualité de services qui peut faire la différence, puisque les paramètres (taux de cotisation, prix du point, salaire de référence) sont les mêmes dans toutes les caisses de retraite.

    Après, les groupes peuvent aussi en profiter pour tenter de caser d’autre produits où là chacun a ses propres contrats.

    Parmi eux je ne citerai que l’obligation faite par la CCN du 14 mars 1947 qui oblige tout employeur à affilier ses salariés cadres à un régime de prévoyance (cotisation 1,5% de la tranche A à charge exclusive de l’employeur).

    Là c’est une obligation mais rien n’empêche le créateur, s’il a du personnel concerné, de choisir sa crèmerie.

    Merci de m’avoir lu jusqu’au bout…

  1. Le blues du blogueur (1ère partie) | Le blog de mes blogs

    […] donc écrit un article sur les arnaques dont sont victimes les créateurs d’entreprise : Créateurs d’entreprise : méfiez-vous des publicités déguisées, et cultivez l’honnêteté da…  (notez que le lien pointe maintenant vers la version modifiée de mon article). Je n’étais […]

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